Pendant des décennies, l’horlogerie a été dominée par des noms suisses, japonais ou allemands. Mais depuis une vingtaine d’années, un nouvel acteur est monté en puissance : la Chine, notamment dans le domaine des mouvements automatiques. Longtemps perçus comme peu fiables ou bas de gamme, les mouvements chinois évoluent, se diversifient et commencent à se faire une place dans le monde exigeant des passionnés de montres.
1. Qu’est-ce qu’un mouvement automatique ?
Avant de parler de la Chine, rappelons brièvement ce qu’est un mouvement automatique : c’est le « moteur » d’une montre qui se remonte grâce au mouvement du poignet, sans pile ni remontage manuel régulier. C’est une technologie précise et délicate, autrefois réservée aux montres haut de gamme.
2. L’essor des mouvements chinois
Dans les années 1980-2000, les mouvements chinois étaient souvent synonymes de copie de calibres japonais ou suisses, produits à très bas coût pour l’exportation. Mais certains fabricants ont su professionnaliser leur production et investir dans la qualité. Aujourd’hui, la Chine ne fabrique plus seulement pour les autres, elle développe ses propres marques horlogères, avec des mouvements maison parfois très sophistiqués.
Les trois géants du mouvement automatique en Chine :
1. Seagull (Tianjin Seagull Watch Group)
- Fondée en 1955, c’est le plus grand fabricant de mouvements mécaniques au monde (en volume).
- Elle produit une large gamme de mouvements automatiques (ST16, ST21, ST25, ST36…) dont certains sont inspirés de calibres ETA suisses.
- Elle a aussi développé des mouvements complexes : chronographes, tourbillons, etc.
- Seagull fournit de nombreuses micro-marques occidentales.
2. Hangzhou Watch Company
- Moins connue, elle propose des mouvements comme le calibre 6460 (souvent utilisé dans des montres abordables) et quelques complications.
- Bonne alternative à bas prix pour les marques en quête de mouvements automatiques fiables.
3. Peacock / Liaoning
- Spécialisée dans les mouvements de haute complication, notamment les tourbillons abordables.
- Moins répandue mais active dans l’innovation.
3. Avantages des mouvements chinois
- Prix très compétitifs : souvent moitié moins chers que leurs équivalents japonais ou suisses.
- Diversité des complications : phase de lune, réserve de marche, calendrier complet, tourbillon.
- Accessibilité : permet à des micro-marques de proposer des montres mécaniques à moins de 300 €.
4. Les critiques et limites
- Qualité variable : selon le fournisseur et le niveau de finition.
- Tolérances de précision moins serrées que chez Miyota, Seiko ou ETA.
- Contrôle qualité parfois aléatoire, surtout sur les mouvements les moins chers.
Cependant, certaines marques font des contrôles en interne ou retravaillent les mouvements chinois pour assurer une qualité plus constante.
5. Un avenir prometteur ?
Avec la montée en gamme de certaines marques chinoises comme Seagull, Beijing Watch Factory ou encore CIGA Design, on assiste à une volonté de se démarquer, non plus par le volume, mais par l’innovation, la finition et l’originalité. Les horlogers chinois ne se contentent plus de copier — ils créent.
Des concours internationaux comme le GPHG (Grand Prix d’Horlogerie de Genève) ont même récompensé des marques chinoises, preuve que la reconnaissance commence à arriver.
Conclusion
Les mouvements automatiques chinois ne sont plus synonymes de camelote. Certes, il reste des fabricants médiocres, mais certains acteurs rivalisent aujourd’hui avec les meilleurs. Pour les amateurs de montres mécaniques à petit budget, ou les curieux à la recherche d’alternatives, ces mouvements sont une option crédible et de plus en plus séduisante.


