Depuis des siècles, les relations entre les Anglais et les Français sont marquées par une histoire commune faite de guerres, d’alliances, de rivalités culturelles… et d’une bonne dose de moquerie réciproque. Parmi les expressions les plus savoureuses de cette relation tumultueuse, on trouve les surnoms que les Anglais ont donnés aux Français. Ces sobriquets, parfois affectueux, souvent moqueurs, disent beaucoup des stéréotypes et de l’image que les Britanniques se font de leurs voisins d’outre-Manche.
Le plus célèbre : “Frogs”
Le terme “Frog” (ou “Froggy”) est sans conteste le surnom anglais le plus connu pour désigner un Français. Il fait référence à la réputation, réelle ou exagérée, des Français pour manger des cuisses de grenouille. L’image est devenue un cliché : exotique, étrange et un peu repoussant, ce plat emblématique a suffi à inspirer un sobriquet durable.
Ce surnom est apparu au XVIIIe siècle, dans un contexte d’opposition culturelle. L’Angleterre, protestante, industrielle et maritime, s’opposait alors à la France, catholique, rurale et perçue comme décadente ou excessivement raffinée. “Frog” traduit donc à la fois une distance culinaire et une forme de condescendance.
D’autres surnoms moins connus
Au fil des siècles, les Anglais ont trouvé d’autres façons plus ou moins affectueuses de désigner les Français :
- “Froggies” : Diminutif de “frogs”, utilisé souvent sur un ton moqueur mais bon enfant.
- “The Frenchies” : Terme familier, souvent utilisé de manière plus neutre ou ironique.
- “Gauls” : Référence historique aux anciens habitants de la Gaule. Parfois utilisé dans un contexte un peu pompeux ou pour évoquer une France éternelle, mythifiée.
- “Jean-Pierre” / “Pierre” / “Jacques” : Ces prénoms stéréotypiquement français sont parfois utilisés pour désigner “le Français moyen”, de la même manière que les Français diraient “John” ou “Tommy”.
En contexte de guerre : stéréotypes militaires
Pendant les guerres mondiales, ou même dès les conflits napoléoniens, les Anglais ont parfois désigné les soldats français par des surnoms :
- “The Frogs” était courant chez les soldats britanniques pour désigner leurs homologues français.
- À l’inverse, les Français appelaient les Britanniques “les Tommies” (de “Tommy Atkins”, nom générique d’un soldat anglais).
Humour et caricature
Dans la presse satirique britannique, les Français sont souvent représentés de manière caricaturale :
- Accent exagéré, port de la marinière, béret, baguette sous le bras et moustache fine.
- Arrogance, romantisme excessif, et obsession du vin et du fromage : autant de stéréotypes qui alimentent les sobriquets ou expressions comme “cheese-eating surrender monkeys”, expression apparue dans un épisode des Simpson, puis reprise avec un ton satirique dans certains cercles anglo-saxons.
Des surnoms révélateurs
Ces sobriquets, comme ceux que les Français donnent aux Anglais, traduisent moins une haine véritable qu’une rivalité ancestrale devenue presque affectueuse. Ils participent à une forme d’identité nationale définie en miroir de l’autre : l’Anglais se construit parfois contre “le Frenchie”, tout comme le Français se définit par opposition au “Rosbif”.
Conclusion
“Frogs”, “Frenchies”, “Gauls”… Ces sobriquets racontent une histoire d’opposition, de fascination et de moquerie entre deux peuples qui, malgré leurs différences, partagent une longue histoire commune. Utilisés avec humour, ces surnoms sont devenus des symboles d’une rivalité qui, aujourd’hui, a plus à voir avec le folklore et la tradition qu’avec de réels conflits. Ils rappellent que, parfois, les stéréotypes peuvent aussi être des passerelles culturelles – pourvu qu’on sache les prendre avec recul et sourire.


