De quoi parle cette mobilisation du 10 septembre
- Le mouvement « Bloquons tout » est né comme un appel citoyen lancé sur les réseaux sociaux à un arrêt large du pays le 10 septembre 2025, en réaction aux mesures budgétaires proposées par le gouvernement Bayrou pour 2026 (coupes dans les jours fériés, non-renouvellement de postes publics, gel des prestations sociales…).
- Soutien partiel de partis de gauche comme LFI, les Écologistes, le Parti communiste, et de divers syndicats voire d’associations
- Mais organisation diffuse, floue : pas de structure centrale ou d’organisation unique clairement identifiée. Des canaux Telegram, des comptes sur X, des collectifs citoyens hétérogènes s’emparent du sujet.
Facteurs limitants : pourquoi ça nemarche pas
Voici les principaux obstacles identifiés, d’après les analyses publiées, qui pourraient rendre cette mobilisation moins forte que certains l’espèrent — peut-être un échec relatif.
- Manque de lisibilité et de cohérence des revendications
- Les revendications sont très nombreuses et diversifiées : suppression des jours fériés, revalorisation des salaires, maintien des services publics, indexation des minima sociaux, etc.
- Cette diversité est en elle-même un risque : quand les revendications ne convergent pas, le message peut devenir confus, ce qui affaiblit la mobilisation. Une étude signale qu’il y a une « compétition des revendications » qui brouille le mouvement.
- Organisation diffuse, absence de leadership clairement identifié
- Les initiateurs revendiquent une dimension citoyenne, apolitique, sans chef. Cela donne une dimension spontanée, certes, mais rend plus difficile la coordination, la mobilisation massive concrète, la convergence syndicale ou territoriale.
- Certains syndicats hésitent ou rejettent l’idée de « tout bloquer » parce qu’ils considèrent que le mouvement ne présente pas assez de clarté ou de propositions concrètes.
- Mobilisation essentiellement virtuelle / numérique
- Le mouvement a connu une forte visibilité sur les réseaux sociaux : beaucoup de tweets, de relais, de posts viraux.
- Mais l’intensité en ligne ne se traduit pas automatiquement dans la rue ou par des actions de blocage effectives. Le risque est que ce soit « un feu de paille numérique » sans traduction concrète.
- Opposition politique / stratégies gouvernementales
- Le gouvernement critique fortement le mouvement, tente de le disqualifier ou de le rendre impopulaire, notamment en évoquant le risque de violence ou de désordre.
- Dispositif sécurisé, prévisions de mobilisation, force de maintien de l’ordre prête pour freiner ou limiter les effets des blocages.
- Support populaire incertain
- Même si des sondages montrent un soutien majoritaire aux idées de manifestation ou de protestation, le consentement à « bloquer le pays » est plus nuancé. Par exemple, dans les enquêtes, une part non négligeable de personnes adhèrent aux critiques du budget mais sont moins prêtes à supporter les conséquences d’un blocage total.
- La peur du dérangement, des effets négatifs sur l’activité économique ou la vie quotidienne, notamment pour les plus modestes, peut freiner l’engagement. Des commerçants, des petites entreprises, des citoyens lambda s’inquiètent déjà des répercussions.
- Effet d’usure et concurrence avec d’autres mobilisations
- Le calendrier social, les épuisements des mobilisations précédentes, le scepticisme envers les promesses non tenues peuvent provoquer du désengagement.
- En outre, plus le moment approche, plus les gens sont susceptibles de relativiser : beaucoup d’appels sur les réseaux, mais la mobilisation concrète baisse souvent dans ces cas.
Signes déjà visibles d’une mobilisation qui peine
- Des syndicats importants ne donnent pas d’appel ferme au blocage total, certains refusant de s’engager dans un geste aussi radical sans être sûrs de l’adhésion massive.
- Les études sur les réseaux sociaux notent une polarisation, des tensions internes sur la stratégie et la nature des actions, ce qui peut générer division ou désintérêt.
- Le gouvernement prépare un dispositif sécuritaire important pour contenir les possibles débordements. La menace éventuelle de répression peut dissuader certains de participer ou de s’exposer.
Conclusion : l’échec probable, partiel ou relatif
Dire que la mobilisation du 10 septembre est totalement vouée à l’échec serait prématuré : il est possible qu’elle obtienne des résultats localisés, des blocages dans certaines zones, ou qu’elle force des concessions gouvernementales dans le discours.
Mais il est raisonnable de penser que le mouvement ne parviendra pas à atteindre tous les objectifs ambitieux affichés :
- Difficulté à bloquer « tout » le pays
- Faible unité syndicale ou usage limité de la grève massive
- Risque élevé que la mobilisation se concentre dans des milieux déjà politisés, laissant en marge les classes moins engagées socialement ou économiquement
- Effets concrets limités si le gouvernement reste ferme sur les coupes budgétaires ou s’il parvient à diviser les oppositions



