On entend de plus en plus parler de « Chat Control » au niveau européen. L’idée semble, au premier abord, positive : lutter contre la diffusion d’images pédocriminelles en ligne. Mais derrière cette intention, se cache un projet qui pourrait mettre en danger notre vie privée et nos libertés numériques.
Chat Control, c’est quoi ?
Aujourd’hui, quand vous discutez avec un ami sur WhatsApp, Signal ou Telegram, le message est chiffré. Cela veut dire que seul votre interlocuteur peut le lire, comme si vous échangiez une lettre dans une enveloppe scellée.
Avec Chat Control, les plateformes seraient obligées de scanner automatiquement tous les messages, photos et vidéos envoyés par les utilisateurs, même dans des conversations privées. En clair : ce serait comme si quelqu’un ouvrait toutes vos lettres pour vérifier leur contenu avant de les remettre à votre correspondant.
Pourquoi est-ce un problème ?
- Adieu à la vie privée
Nos conversations personnelles – qu’elles soient avec des proches, un médecin ou un collègue – sont protégées par le secret. Chat Control reviendrait à placer chaque citoyen sous surveillance permanente, même sans soupçon d’infraction. - Un outil qui peut dériver
Si un tel système existe, il pourrait être utilisé pour d’autres buts : surveiller les opposants politiques, censurer certains sujets ou espionner des entreprises. L’expérience montre que les outils de surveillance, une fois créés, dépassent souvent leur objectif initial. - Moins de sécurité pour tous
Pour permettre ces contrôles, il faudrait affaiblir le chiffrement. Mais affaiblir le chiffrement, c’est aussi rendre nos données plus vulnérables aux pirates, aux arnaqueurs et même à des gouvernements étrangers. - Des droits fondamentaux menacés
En Europe, nous avons le droit à la vie privée et à la liberté d’expression. Instaurer une surveillance généralisée des conversations privées va clairement à l’encontre de ces droits.
Quelles alternatives existent ?
Protéger les enfants en ligne est essentiel, mais il existe d’autres moyens que de surveiller tout le monde :
- donner plus de moyens aux enquêteurs spécialisés,
- renforcer la coopération internationale entre polices,
- responsabiliser les plateformes pour les contenus publics,
- et sensibiliser parents et enfants aux risques d’internet.
En résumé
Chat Control veut combattre un vrai problème, mais la méthode choisie est dangereuse. Ce serait comme installer des caméras dans chaque salon « au cas où » quelqu’un y ferait quelque chose d’illégal.
La question est simple : sommes-nous prêts à sacrifier la confidentialité de toutes nos conversations pour ce projet ?



